Archives du : 21 janvier 2014

Comment donne-t-on un nom latin à une nouvelle espèce ?

Dans l’article « Un dimanche au bord de la mer » j’indiquais dans la légende d’une photo que Michel Segonzac observait le crabe auquel il a donné son nom Segonzacia mesatlantica. Cette phrase pouvant être mal comprise, Michel nous éclaire :

« C’est le chercheur en taxonomie (taxon =nom) qui décrit et donne un nom à la nouvelle espèce. Elle portera deux noms latins (genre et espèce, comme Homo sapiens pour l’Humain).

Pour donner un nom, le taxonomiste utilise soit un caractère morphologique de l’animal (ou de la plante), soit le nom d’un collègue à qui il veut rendre hommage ou qu’il veut remercier. Ici, c’est la taxonomiste Danièle Guinot du Muséum de Paris, qui a attribué le nom latinisé de Segonzacia, pour remercier le récolteur de lui avoir confié la description du crabe ramené du site hydrothermal Snake Pit actuellement étudié. « mesatlantica » signifie qu’il colonise les sites hydrothermaux de la ride médio-atlantique.

Le nom de genre s’écrit avec une majuscule, le nom d’espèce avec une miniscule. Enfin, comme il s’agit de noms latins, il s’écrivent toujours en italique. »

21 janvier 2014 – La salsa du bras cassé

Navigation

Nous sommes en station au dessus du site Snake pit.
Vents : Force 5-6
État de la mer : agitée

Journal

En début de plongée 3, avant de commencer l’acquisition de données MMR (voir « Un dimanche au bord de la mer »), Victor a déposé sur le fond la pompe à larves SALSA, ainsi qu’un piège à particules.

Au premier plan, la pompe à larves SALSA, au fond, un piège à particules

Au premier plan, la pompe à larves SALSA, au fond, un piège à particules

C’est le grand jour pour SALSA. Après une première immersion qui n’a pas donné les résultats escomptés en raison de problèmes techniques, l’appareil a été modifié et amélioré par l’équipe technique composée de Laurent et Philippe (bientôt, un article sur leur rôle essentiel mais peu visible). En effet, les appareils sont conçus et testés à terre mais également dans des caissons sous-pression afin de se rapprocher au maximum des conditions réelles. Toutefois, on ne peut pas recréer dans un laboratoire un environnement aussi complexe que les fonds océaniques, il arrive donc que tout ne fonctionne pas comme prévu.

Arrivé sur site, l’équipe Victor constate une légère fuite d’huile sur le bras droit. Cet « organe » n’étant pas utilisé pour la bathymétrie, Victor peut entamer et poursuivre toute la journée l’acquisition de données MMR pour une cartographie fine du site Snake pit, principal objectif de la plongée.

Une fois cette tâche exécutée, le plan était de remettre SALSA dans l’ascenceur, de renvoyer celui-ci à la surface, et de remonter Victor pour le préparer à sa prochaine plongée, consacrée elle à de nouveaux prélèvements d’échantillons. Malheureusement, au moment de manipuler SALSA, l’alerte constatée sur le bras droit s’est répétée, et l’équipe Victor n’a pas voulu prendre de risque et a décidé de laisser SALSA au fond quelques heures de plus.

C’est donc un Victor diminué qui remonte, et qui est tout de suite pris en charge par son équipe. L’avarie repérée pendant l’immersion ne se répète pas à bord, mais pour éviter toute prise de risque, un verrin est remplacé au prix de toute une nuit de travail.

L'équipe Victor examine le bras du robot

L’équipe Victor examine le bras du robot

Victor sur la table d'opération pendant que les "médecins" établissent leur diagnostic

Victor sur la table d’opération pendant que les « médecins » établissent leur diagnostic