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31 janvier 2014 – Vendredi, c’est technologie

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Vents : Force 5-6
État de la mer : agitée  

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Victor étant remonté de sa plongée bathymétrie, il faut de nouveau réinstaller le module exploration, et le reconditionner, ce qui va prendre une bonne partie de la journée. Cela signifie activité ralentie dans les labos (mais forte activité et petite nuit pour l’équipe cartographie).

C’est l’occasion de vous présenter un échantillon de certains équipement mis en oeuvre depuis le début de la campagne. C’est parti !

 

Laurent et Philippe, l’équipe instrumentation

Laurent et Philippe constituent notre équipe « Instrumentation » à bord du bateau. Leur travail de l’ombre a souvent été évoqué ici. Il est temps de les mettre dans la lumière.

L’un est mécanicien, l’autre plutôt électronicien, et à eux deux, ils forment une équipe très complémentaire.

Où travaillent-ils ?

Laurent travaille à l’unité Recherche et Développement Technologique de l’Ifremer, dans le service I2M (Ingénierie et Instrumentation Marine).

Ce service développe du matériel sur-mesure à la demande des scientifiques, et a également une mission de conseil, les solutions techniques étant différentes selon les besoins (environnement grands fonds ou côtier, mouillage passif ou pompage en continu…). Ce travail est fait en équipe, avec généralement un membre du bureau d’étude, un mécanicien, un électronicien et/ou un informaticien.

Philippe de son côté fait partie du Laboratoire Environnements Profonds, qui étudie l’écosystème profond, à travers ses aspects écologiques, biologiques et océanographiques. Ils répondent aux besoins d’instrumentation du service, en réalisant ou faisant réaliser des instruments sur-mesure. Il assure également la maintenance de ces équipements et est le correspondant informatique de son labo.

En quoi consiste leur travail à terre ?

S’ils travaillent dans des unités différentes, le cœur de leur travail est le même, et le processus de création des équipements est le suivant.

Après rédaction d’un cahier des charges, une étude de faisabilité est faite, avec réalisation de maquettes en 3D. Une fois l’étude validée et les plans dessinés, un appel d’offre est lancé auprès de sous-traitants pour la réalisation de certaines pièces, d’autres étant assurées en interne. A la réception de ces pièces commence l’étape du montage et de la mise au point.

Un protocole de test est établi en fonction de l’usage prévu pour l’instrument : l’idée est de se rapprocher au maximum des conditions d’utilisation réelles (tests en caissons hyperbares et bassins d’essais pour simuler la pression, le comportement aux courants…).

Tout au long de ce processus, Laurent et Philippe apportent leur expertise technique, enrichie de leur expérience, notamment pour les instruments embarqués par les engins sous-marins.

Ensuite ils accompagnent généralement la première sortie terrain de l’instrument, afin d’identifier des problèmes non anticipés et de proposer des solutions. Le transfert de compétences fait également partie de leurs attributions, afin que les scientifiques utilisateurs des instruments qu’ils ont conçus puissent les utiliser de façon autonome.

Quel est leur rôle à bord ?

En dehors de leur rôle clairement établi, ils apportent un soutien technique à toutes les équipes embarquées, et s’avèrent être indispensables à bord. Leur expérience et leur expertise sont mises au service de tous et nombre de manipulations qui ont rencontré des problèmes n’auraient pu avoir lieu sans leur intervention :

  • Pompe à larve SALSA (problème électronique et liaison mécanique liés à un défaut d’étanchéité)
  • Seringues Titane (reprise de pièce et adaptation au bras du Victor, sondes températures)
  • Pépito : réalisation d’un support pour améliorer le remplissage des poches
  • Chemini : problème d’étanchéité et d’électronique
  • Interventions en préparation des plongées Victor et ascenseur
  • Préparation des mouillages (filtres à particules)
  • Soutien à l’équipe Victor pour les opérations mécaniques
  • Réparation du carottier lame
  • Soutien aux équipes scientifiques pour l’installation et le rangement des différentes manipulations de labo.

Quels projets les ont marqués ? 

Pour Laurent, il s’agit du pénétromètre Penfeld. 6 tonnes dans l’air, 5 ans de développement. Cet équipement unique permet d’enfoncer une tige de 30m dans le sédiment. Au bout de cette tige, une pointe instrumentée qui analyse en temps réel le profil sédimentaire.

Le favori de Philippe est le débitmètre FLO, un appareil qu’il a développé à la suite de sa formation Master 2. Il mesure le débit des fluides sortant par diffusion au niveau du sol. Cet instrument fonctionne parfaitement et a été validé par une publication dans Deep-sea research

Quelle est leur formation ?

Laurent: après un bac pro productique mécanique, il travaille 10 ans à l’UBO en tant que Technicien de recherche. Il rejoint l’Ifremer en 2001 en tant que technicien supérieur et a depuis passé un BTS industrialisation des produits mécaniques.

Philippe: après un bac D, il obtient un DUT de mesures physiques. Il rejoint ensuite une PME dans le secteur de l’informatique industrielle. 5 ans plus tard, il rejoint l’Ifremer, en tant que technicien instrumentation d’abord à Boulogne-sur-Mer, puis à Brest. Il passe ensuite un Master 2 Physique des capteurs et devient Ingénieur.