1 février 2014 – Avant-dernière plongée

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Vents : Force 5
État de la mer : peu agitée 

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L’ascenseur effectue deux remontées aujourd’hui, et ramène SALSA, la pompe à larves. C’était la dernière immersion de la campagne pour elle. L’occasion pour Florence, aidée d’Emmanuelle de procéder au rituel du vidage des bols.

Florence récolte le contenu de SALSA avec l'aide d'Emmanuelle

Florence récolte le contenu de SALSA avec l’aide d’Emmanuelle

Puis c’est un passage au labo écologie pour jeter un oeil de plus près aux échantillons, en compagnie de Jozée et Laure.

Florence & Jozée au labo écologie

Florence & Jozée au labo écologie

Laure au microscope

Laure au microscope

 Si ces échantillons sont à bord, c’est bien qu’ils ont été recueillis. Pour cela, il faut au moins 4 personnes, et un VICTOR : A chaque plongée, les équipes de pilotes et de scientifiques se relaient au poste de commande de VICTOR selon un planning très précis. Ainsi des créneaux horaires sont prévus pour l’exploration, pour l’écologie, pour la géologie… Et les scientifiques présents guident les pilotes qui se chargent de réaliser les manipulations. Toute la journée, mais aussi toute la nuit, les équipes défilent dans le poste de contrôle.

L’équipe écologie passera une bonne partie de la nuit dans le PC VICTOR pour guider des manipulations : prélèvements de faune, mise en place de sondes de température, mesures de fluides, et mise en place d’EVAA, une caméra autonome qui filmera 7 minutes toutes les 2 heures, pendant 24 heures.

Jozée donne des indications à Xavier, pilote de VICTOR

Jozée donne des indications à Xavier, pilote de VICTOR

Pour les autres, c’est manipulations, comme pour Erwan et Anne, en microbiologie, qui préparent des échantillons dont ils ont récupéré le prélèvement quelques heures plus tôt, ou Juliette et Magali, qui lancent une nouvelle batterie de tests sur le comportement des Rimicaris exoculata.

A la passerelle, poste de commande du Pourquoi pas ?, c’est ambiance nuit, toutes lumières éteintes, pour ne pas être gêné par les reflets sur les pare-brises.

Vicky, Quentin et Sylvain sont dans un bateau

La mer est plus calme ce matin, ça y est, je suis autorisé à monter dans le zodiac pour la récupération de l’ascenseur (merci à François, 2nd capitaine). Je serai donc avec Vicky, Lieutenant, et Quentin, Officier polyvalent. Je pensais descendre tout tranquillement à la grue, dans le pneumatique, mais pour des raisons de sécurité, c’est limité à 2 personnes lors de la descente. Je dois donc utiliser l’échelle de corde. Gloups.

La redoutable échelle de corde

La redoutable échelle de corde

Après avoir enjambé la rambarde, me voici dos à la mer, face à la paroi du Pourquoi pas ? à quelques mètres au-dessus des flots. Quelques longues secondes plus tard, je suis prêt à « faire le grand saut » : il faut simplement attendre que le zodiac, qui bouge au rythme des vagues, soit à la bonne hauteur. Hop j’y vais, Vicky me donne un coup de main à la réception, et c’est parti. Au bout de 10 secondes, une vague m’arrose copieusement : merci Kamil pour le prêt de l’appareil photo étanche.

Splash !

Splash !

La première étape consiste à récupérer le bout qui servira à tirer l’ascenseur auprès du bateau, bout que l’équipage nous envoie. A présent, il faut repérer l’ascenseur : ce qui paraît facile depuis le Pourquoi pas ? bien au dessus des flots, paraît beaucoup moins évident au niveau des vagues qui bien souvent cachent l’horizon. L’équipage nous pointe une direction, nous repérons le petit drapeau jaune, et hop c’est parti. Le bout se déroule lentement, nous nous approchons de notre cible. Vicky se penche à l’avant du zodiac et en quelques instants, l’ascenseur est crocheté et peut être tiré par l’un des treuils de la plage arrière.

Vicky crochète l'ascenseur

Vicky crochète l’ascenseur

Quentin nous « promène » ensuite pour prendre quelques clichés du Pourquoi pas ?. Vu des flots, il paraît vraiment énorme. C’est également l’occasion de faire une petite photo souvenir : ce n’est pas tous les jours qu’on se retrouve en zodiac au milieu de l’Atlantique. Puis vient l’avant dernière étape, à savoir crocheter le cable de la grue à l’ascenseur, pour sa remontée sur le pont. Là encore, en quelques instants Vicky règle l’affaire, et l’ascenseur prend les airs.

Vicky, Sylvain et Quentin, posent pour une photo souvenir

Vicky, Sylvain et Quentin, posent pour une photo souvenir

Puis c’est le retour à l’échelle de corde. Alors que je saisis l’échelle, un creux se présente, le zodiac se dérobe et l’espace d’un instant, j’ai les pieds dans l’air. Heureusement, la première marche n’est pas difficile à trouver, et ma laborieuse remontée commence. Merci à Adrien, matelot, pour le coup de main. Vicky et Quentin eux remonteront avec la grue, dans le zodiac.

Bilan : même si j’ai peu goûté l’échelle de cordes, ça valait le coup, ne serait-ce que pour voir le Pourquoi pas ? dans son élément.

31 janvier 2014 – Vendredi, c’est technologie

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Vents : Force 5-6
État de la mer : agitée  

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Victor étant remonté de sa plongée bathymétrie, il faut de nouveau réinstaller le module exploration, et le reconditionner, ce qui va prendre une bonne partie de la journée. Cela signifie activité ralentie dans les labos (mais forte activité et petite nuit pour l’équipe cartographie).

C’est l’occasion de vous présenter un échantillon de certains équipement mis en oeuvre depuis le début de la campagne. C’est parti !

 

Laurent et Philippe, l’équipe instrumentation

Laurent et Philippe constituent notre équipe « Instrumentation » à bord du bateau. Leur travail de l’ombre a souvent été évoqué ici. Il est temps de les mettre dans la lumière.

L’un est mécanicien, l’autre plutôt électronicien, et à eux deux, ils forment une équipe très complémentaire.

Où travaillent-ils ?

Laurent travaille à l’unité Recherche et Développement Technologique de l’Ifremer, dans le service I2M (Ingénierie et Instrumentation Marine).

Ce service développe du matériel sur-mesure à la demande des scientifiques, et a également une mission de conseil, les solutions techniques étant différentes selon les besoins (environnement grands fonds ou côtier, mouillage passif ou pompage en continu…). Ce travail est fait en équipe, avec généralement un membre du bureau d’étude, un mécanicien, un électronicien et/ou un informaticien.

Philippe de son côté fait partie du Laboratoire Environnements Profonds, qui étudie l’écosystème profond, à travers ses aspects écologiques, biologiques et océanographiques. Ils répondent aux besoins d’instrumentation du service, en réalisant ou faisant réaliser des instruments sur-mesure. Il assure également la maintenance de ces équipements et est le correspondant informatique de son labo.

En quoi consiste leur travail à terre ?

S’ils travaillent dans des unités différentes, le cœur de leur travail est le même, et le processus de création des équipements est le suivant.

Après rédaction d’un cahier des charges, une étude de faisabilité est faite, avec réalisation de maquettes en 3D. Une fois l’étude validée et les plans dessinés, un appel d’offre est lancé auprès de sous-traitants pour la réalisation de certaines pièces, d’autres étant assurées en interne. A la réception de ces pièces commence l’étape du montage et de la mise au point.

Un protocole de test est établi en fonction de l’usage prévu pour l’instrument : l’idée est de se rapprocher au maximum des conditions d’utilisation réelles (tests en caissons hyperbares et bassins d’essais pour simuler la pression, le comportement aux courants…).

Tout au long de ce processus, Laurent et Philippe apportent leur expertise technique, enrichie de leur expérience, notamment pour les instruments embarqués par les engins sous-marins.

Ensuite ils accompagnent généralement la première sortie terrain de l’instrument, afin d’identifier des problèmes non anticipés et de proposer des solutions. Le transfert de compétences fait également partie de leurs attributions, afin que les scientifiques utilisateurs des instruments qu’ils ont conçus puissent les utiliser de façon autonome.

Quel est leur rôle à bord ?

En dehors de leur rôle clairement établi, ils apportent un soutien technique à toutes les équipes embarquées, et s’avèrent être indispensables à bord. Leur expérience et leur expertise sont mises au service de tous et nombre de manipulations qui ont rencontré des problèmes n’auraient pu avoir lieu sans leur intervention :

  • Pompe à larve SALSA (problème électronique et liaison mécanique liés à un défaut d’étanchéité)
  • Seringues Titane (reprise de pièce et adaptation au bras du Victor, sondes températures)
  • Pépito : réalisation d’un support pour améliorer le remplissage des poches
  • Chemini : problème d’étanchéité et d’électronique
  • Interventions en préparation des plongées Victor et ascenseur
  • Préparation des mouillages (filtres à particules)
  • Soutien à l’équipe Victor pour les opérations mécaniques
  • Réparation du carottier lame
  • Soutien aux équipes scientifiques pour l’installation et le rangement des différentes manipulations de labo.

Quels projets les ont marqués ? 

Pour Laurent, il s’agit du pénétromètre Penfeld. 6 tonnes dans l’air, 5 ans de développement. Cet équipement unique permet d’enfoncer une tige de 30m dans le sédiment. Au bout de cette tige, une pointe instrumentée qui analyse en temps réel le profil sédimentaire.

Le favori de Philippe est le débitmètre FLO, un appareil qu’il a développé à la suite de sa formation Master 2. Il mesure le débit des fluides sortant par diffusion au niveau du sol. Cet instrument fonctionne parfaitement et a été validé par une publication dans Deep-sea research

Quelle est leur formation ?

Laurent: après un bac pro productique mécanique, il travaille 10 ans à l’UBO en tant que Technicien de recherche. Il rejoint l’Ifremer en 2001 en tant que technicien supérieur et a depuis passé un BTS industrialisation des produits mécaniques.

Philippe: après un bac D, il obtient un DUT de mesures physiques. Il rejoint ensuite une PME dans le secteur de l’informatique industrielle. 5 ans plus tard, il rejoint l’Ifremer, en tant que technicien instrumentation d’abord à Boulogne-sur-Mer, puis à Brest. Il passe ensuite un Master 2 Physique des capteurs et devient Ingénieur.

30 janvier 2014 – Entrez dans le dôme

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Vents : Force 6
État de la mer : agitée 

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Le module du ROV a été changé, c’est donc bathymétrie MMR pour cette plongée. Les volontaires se relaient dans le poste de contrôle de VICTOR, par période de 2h pour surveiller que tout se passe bien pendant l’acquisition de données. Le parcours à effectuer a été programmé et le robot suit fidèlement le trajet. 2 pilotes restent toutefois attentifs et prêts à intervenir en cas de besoin.

Les lignes oranges correspondent à la trajectoire que doit suivre Victor

Les lignes oranges correspondent à la trajectoire que doit suivre Victor

Sur le pont, notre équipe d’électroniciens s’attaque au problème de l’antenne VSAT. Il semble qu’elle se soit un peu affaissée, ce qui engendre une moins bonne liaison avec le satellite. La parabole se cache dans dôme climatisé, pour se protéger des conditions météo et de trop grandes variations de température ou d’humidité. Après 2h d’interventions, le problème est résolu, la connexion rétablie, et Internet est de retour.